Protocole d'errance
Protocol for wandering
2025
Protocol for wandering
2025
À propos du projet
Protocol d'errance est un ensemble d'œuvres céramiques produites lors d'une résidence au Hub Feenix à Meltola, en Finlande, à l'été 2025. Le centre est logé dans un immense complexe hospitalier particulièrement fascinant. D'abord pour traiter les cas de tuberculose, en raison de la qualité impressionnante de l'air environnant, le complexe est ensuite devenu hôpital militaire pour la 2ième guerre, avant d'être abandonné. Autour des années 2000, il sert de centre pour réfugiés, puis retombe à l'abandon, avant d'être récupéré en 2020 pour devenir le centre Hub Feenix.
Le projet de résidence marquait mon baptême de la céramique. Les longues journées de l'été finlandais m'ont permis de travailler à la lumière du jour jusqu'à tard le soir, presque sans interruption. Je découvrais la matière en même temps que je sculptais. Les erreurs et les recommencements se sont multipliés, certaines pièces ont été coupées en deux pour être remodelées en autre chose.
Les pièces biomorphiques forment un croisement étrange entre manifestations de la biologie marine, artéfact extraterrestre et objet d'un usage incertain, spéculatif. Trouvailles d'un sanatorium post-humain, ou reliques d'un culte algorithmique, elles relient entre elles les notions de survie, de soin et d'absurdité.
En atelier, j'ai l'habitude d'imprimer une multitude de références, dessins, esquisses générées par IA et autres images, que j'affiche au mur. Elles proviennent d'une banque d'images que je cultive et qui s'agrandit jour après jour, classée par projets, par atmosphères, par catégories. Cette banque s'ancre dans ma pratique du world-building, dans mon désir d'imaginer mes propres créatures, objets et symboles. Ces références servent de guide souple à un travail des mains qui reste aux commandes de son intuition, et, de la matière qui impose ses propres caprices.
Une partie du projet s'ancre également dans la déambulation. Je transportais les sculptures lors de mes marches dans la forêt dense entourant le centre. J'ai documenté les pièces en grès émaillé en les photographiant directement dans les bois, à côté d'écorces et d'emballages de plastique jetés, décolorés par les intempéries. Ces déchets naturels ou artificiels ont été ramassés, puis intégrés directement dans les œuvres. Cette pratique de l'errance était une manière de voir autrement, un moment de répit précieux qui rythmait la création.
J'ai décidé, de mon propre gré, de me concevoir une grande exposition comme sortie de résidence. J'ai opté pour m'installer dans une aile du bâtiment vide, encore en chantier. L'espace, sans électricité ni mobilier, allait éventuellement accueillir le Makerspace et les ateliers spécialisés du centre.
J'ai rassemblé des objets trouvés un peu partout dans le centre : des lampes pour l'éclairage, des blocs de bois servant de socles, une pancarte d'arrêt qui traînait au sous-sol, de la vieille corde récupérée d'un bateau entreposé sur le terrain, un frisbee cassé. Un insecte qui gisait depuis le début sur le rebord d'une fenêtre a été déposé sur une pièce imprimée en 3D (Produit dérivé). J'y ai combiné des impressions papier d'images disposées de différentes façons, collées sur du bois pour être ensuite découpées (J'men peux pu de voir l'patron arriver en ville).
J'ai eu un grand plaisir à jouer avec les particularités du lieu. Une créature de papier a été déposée au fond d'un trou dans le sol, mise en valeur par une lumière (Un peu neurovore (chill)). Une sorte de hamac sculptural pendait du plafond (Rituel de dérive cognitive), et les fils électriques pêle-mêle m'apparaissaient comme l'endroit parfait pour un clin d'œil humoristique (Comment savoir si chu pas un fantôme?!).
L'état brut et squelettique de l'espace est devenu une partie importante de la mise en espace. Le passé intrigant et stérile de cet ancien hôpital, mis en dialogue avec la nature finlandaise luxuriante, créait un contexte unique pour l'exposition.
Merci à toute l'équipe du centre de m'avoir accueilli et donné une grande liberté, ainsi qu'aux merveilleus.e.s résident.e.s d'un peu partout à travers le monde rencontrés pendant l'aventure.
About the project
Protocol of Wandering is a body of ceramic works produced during a residency at Hub Feenix in Meltola, Finland, in the summer of 2025. The center occupies a vast, fascinating hospital complex. Originally built to treat tuberculosis cases, thanks to the remarkable quality of the surrounding air, the complex later became a military hospital during World War II, then sat abandoned. Around the 2000s it served as a refugee center, fell back into abandonment, and was finally taken over in 2020 to become the Hub Feenix center.
The residency marked my first time working with ceramics. The long days of the Finnish summer let me work from daylight until late at night, almost without stopping. I was learning the material as I sculpted it. Mistakes and false starts piled up, and some pieces were cut in half and reworked into something else.
The biomorphic pieces sit at a strange crossing point between marine biology, alien artifact, and object of uncertain, speculative use. Found in a post-human sanatorium, or relics of an algorithmic cult, they link the notions of survival, care, and absurdity.
In the studio, I print out a large number of references, drawings, AI-generated sketches, and other images, and pin them to the wall. They come from an image bank I've been building, one that grows daily, sorted by project, mood, category. This bank grounds itself in my world building practice, in my drive to imagine my own creatures, objects, and symbols. These references act as a loose guide for the work of the hands, which stays led by its own intuition, and by the material, which imposes its own demands.
Part of the project also grounds itself in wandering. I carried the sculptures with me on walks through the dense forest surrounding the center. I documented the glazed stoneware pieces by photographing them directly in the woods, next to bark and weathered plastic packaging found discarded along the way. These natural and artificial castoffs were collected and later worked directly into the pieces. This practice of wandering was a way of seeing differently, a precious moment of rest that gave rhythm to the making.
On my own initiative, I put together a large exhibition as a way to close out the residency. I chose to set up in a wing of the building that was still empty, still under construction. The space, with no electricity or furniture, was eventually meant to house the Makerspace and the center's specialized workshops.
I gathered objects found scattered around the center: lamps for lighting, wood blocks to use as pedestals, a stop sign left lying in the basement, old rope salvaged from a boat stored on the grounds, a broken frisbee. An insect that had been lying on a windowsill since the start got placed on a 3D-printed piece (Produit dérivé). I combined this with paper prints of images arranged in different ways, glued onto wood and then cut out (J'men peux pu de voir l'patron arriver en ville).
I had a great time playing with the specific qualities of the space. A paper creature was set at the bottom of a hole in the ground, lit up to draw attention to it (Un peu neurovore (chill)). A kind of sculptural hammock hung from the ceiling (Rituel de dérive cognitive), and the tangle of electrical wires struck me as the perfect spot for a small joke (Comment savoir si chu pas un fantôme?!).
The raw, skeletal state of the space became an important part of how everything was staged. The strange, sterile past of this former hospital, set in dialogue with the lush Finnish wilderness, created a truly singular context for the exhibition.
Thanks to the whole team at the center for welcoming me and giving me so much freedom, and to the wonderful residents from all over the world I met along the way.
Rituel de dérive cognitive, 2025
Grès émaillé, emballage de boisson gazeuse, corde récupérée, enseigne trouvée
Cognitive Drift Ritual, 2025
Glazed stoneware, soft drink packaging, foraged rope, found sign
Chambres d'écho, 2025
Grès émaillé, bois, papier, métal
Echo Chambers
Glazed stoneware, paper, wood metal
Cadre fiscal pour s'autoguérir, 2025
Grès émaillée, strap de camion
Tax framework for Self-Healing, 2025
Glazed stoneware, truck strap
Rendements nets sur sécrétions bénignes, 2025
Grès émaillé
Net Returns on Benign Secretions, 2025
Glazed stoneware
Derivative product, 2025
3D print, bee
Produit dérivé, 2025
Impression 3D, abeille
Useless Transmissions
Ceramic, paper, metal, brick
Transmissions inutiles
Céramique, papier, métal, brique
Soft Neurovore (chill), 2025
Paper, plastic, rope, LED light, hole
Un peu neurovore (chill), 2025
Papier, plastique, corde, lumière LED, trou
Technical Analysis (Aphrodisiac)
Glazed stoneware
Analyse technique (aphrodisiaque)
Grès émaillé
15 x 15,5 x 6 cm
Photo : Pearse Anderson, artiste-résident
Directed delirium
, 2025
Ceramic, wood, paper, candle, mirror, banana boxes
Délire dirigé, 2025
Céramique, bois, paper, chandelle, miroir, boîtes de bananes
How Do I Know I’m Not a Ghost?!
, 2025
Paper, bark, plastic
Comment savoir si chu pas un fantôme?!, 2025
Papier, écorce, plastique
Love at First Sight (Economy Class)
Glazed stoneware
Coup de foudre (Classe économique)
Grès émaillé
13 x 11 x 10 cm
Love at First Sight (Microwaved Cocaine)
Glazed stoneware
Coup de foudre (Cocaïne micro-ondes)
Grès émaillé
12 x 14 x 8 cm
Tiny Shrek Cookie Recipe
Ceramic, paper, bark, plastic
Recette de biscuit petit Shrek
Céramique, papier, écorce, plastique
21,5 x 13,5 x 1 cm (ceramic)
Data Mining (Contraceptive)
Glazed stoneware
Siphonnage de données (Contraceptif)
Grès émaillé
12 x 11,5 x 7 cm
Gulp City (Sustainable Art)
Printed paper, broken frisbee, plastic rope, bungee, zip tie
Engloutir-ville (Art écolo)
Papier imprimé, frisbee brisé, corde plastique, bungee, attache
I Can't Wait Till the Big Boss is in Town, 2025
Printer paper, wood, rope
J'm'en peux pu de voir l'patron arriver en ville, 2025
Papier imprimé, bois, corde